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Chronique de Denis Cousin sur le Livre de Jaafar Lamrini, “L’Olivier Ardent”

On pourrait dire que l’auteur fait mentir la plupart des chiffres, des statistiques, et des idées reçues, et que son parcours est édifiant. On pourrait dire qu’il vient d’une famille nombreuses issue de l’immigration ayant grandi dans les « quartiers » de Dreux, et qu’il occupe, après des études brillantes, un poste important dans une grande société, contraire à sa prédestinée.. Cela resterait restrictif.
Plus que « les chroniques d’un immigré », le livre L’Olivier Ardent, nous fait pénétrer avec pudeur dans l’intimité d’une famille ayant une histoire à la fois singulière et commune. Il touche à l’intime – la relation au père mourant, l’attachement à la famille, l’amour porté à la mère – et à l’universel -cette histoire récente de l’immigration que nous partageons tous.
On s’attache à Mohade, le père, qui consacre toute son énergie au travail afin d’offrir un espoir à ceux qui l’entourent. On a forcément envie de serrer Yamina dans ses bras, cette femme, digne, qui le soutient lorsqu’il tombe dans les pires affres de la souffrance, et cela sans jamais s’éloigner de sa raison de vivre: « j’asservirai ma vie à mes enfants ». On veut comprendre ce garçon qui, à l’instar de Spinoza – son maître à penser – (mais ca, ca n’est pas dans le livre) veut désormais remplir sa vie d’affects positifs pour la vivre pleinement et sans regrets. On veut comprendre comment Faissal/Jaafar intègre les codes de la bourgeoisie versaillaise dans laquelle il évolue maintenant sans perdre le lien intime et essentiel qui fait l’essence de son être : ses origines. On saisit, la poésie aidant, les sentiments qui le traverse quand il se trouve confronté au choc des cultures.
C’est un livre qui fait du bien, que l’on a envie d’envoyer à ceux qui pensent encore que la fatalité détermine l’avenir d’un individu, ou que nos racines nous assurent un avenir tout tracé, un antidote au pessimisme.

Jaafar Lamrini, L’olivier ardent, Yvelinedition, 2011, 171 p. 

4e de couverture : 

Mohade quitte la ferme familiale en vue d’offrir une meilleure vie à sa femme et à ses enfants. Il émigre ensuite en France où il les rapatriera auprès de lui. 
Faissal, son dernier fils, cherchera à s’épanouir dans son pays natal, la France, tout en essayant de comprendre ses parents. Réussira-t-il à surmonter la dualité des deux cultures ? La pauvreté et les inégalités du système scolaire ne vont pas l’aider. Il va s’inspirer de la persévérance de ses parents pour s’en sortir.

Jaafar Lamrini, Auteur de “L’Olivier Ardent”

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